
Je connais presque tous les chiens de Cissac — j’ai même parfois l’impression qu’ils sont aussi nombreux que les habitants —, les petits aboyeurs, les énormes dogues qui dépassent presque les clôtures, les rottweilers errants qui nous accompagnent jusqu’à la maison, ou encore les bouviers bernois des châteaux qui ensevelissent notre chien Gaston sous leur masse.
J’ai aussi rencontré beaucoup de gens : des voisins dans leur jardin, des viticulteurs dans leurs vignes, des promeneurs avec ou sans chien. Nous nous connaissons maintenant, nous nous saluons et parlons du temps, de la pluie et, bien sûr, de Gaston.

Même si l’on ne voit ici que des dos, on devine sans doute notre nouvelle occupation du samedi : l’école canine ! Avant-hier, c’était la première fois, et Gaston était surexcité : autant de chiens réunis et, en plus, presque tous amicaux. Dans le village, beaucoup de chiens restent toute la journée sur leur terrain et courent derrière la clôture en aboyant, en grognant et en montrant les dents lorsque nous passons. Les gentils chiens du samedi constituaient donc une agréable diversion.
L’un d’eux avait un excellent flair et a immédiatement senti les biscuits pour chiens dans nos poches. Il a donc décidé de rester assis près de nous.
Lors de la dernière séance, nous avons dû échanger nos chiens. Je suis tombée sur un très petit exemplaire. Il répond — plus ou moins — au joli nom d’Iznogood et il est vraiment mignon. Mais il ne correspond pas tout à fait à l’idée que je me fais d’un chien : il est plus petit que nos chats.
Un tel chien ménage cependant les forces : même lorsqu’il tire sur la laisse, on le remarque à peine. Pendant que je me promenais tranquillement, la femme qui avait récupéré Gaston se faisait énergiquement entraîner à travers le terrain…