Après l’ouverture de la chasse et ses battues qui semblent ne jamais finir, voici maintenant la saison des champignons. Partout, à l’orée des bois et au bord des routes, des voitures sont garées : tout le monde part à la recherche des cèpes. Presque chacun sait les reconnaître, mais où se cachent-ils ?
Combien de temps peut-on résister à l’envie de parcourir à son tour la forêt, les yeux rivés au sol ? Lors de deux tentatives, nous n’avons pas eu de chance. La forêt offrait des couleurs magnifiques et les nombreux sentiers d’animaux nous ont conduits très loin sous les arbres. Mais des cèpes ? Pas un seul.
Plus tard, en lisant le Journal du Médoc, nous tombons sur un article intitulé La complainte du cèpe. Le cèpe y fait tout son possible pour ne pas être trouvé. Il voudrait enfin échapper aux innombrables cueilleurs qui arrivent de partout, chaussures de marche aux pieds, armés de bâtons, de sacs ou de paniers, le regard aux aguets. « Si seulement je pouvais me faire tout petit, devenir laid et amer comme le bolet de fiel, ou même toxique comme le bolet Satan ! » Avec nous, en tout cas, le cèpe a parfaitement réussi à se cacher.
Cet après-midi-là, nous avons donc repris le travail au jardin et, surprise, il était rempli de champignons. Pas de cèpes, mais de magnifiques rosés-des-prés, des vesses-de-loup et surtout plusieurs espèces de russules. La plupart des cueilleurs les délaissent, bien qu’elles n’aient rien à envier au cèpe pour leur saveur.
Nous avons ainsi « chassé » dans notre propre jardin de quoi préparer un excellent plat de champignons. En ce qui nous concerne, les cèpes peuvent respirer.



