Le répertoire

John  Dowland Now, oh now I needs must part (John Dowland, 1563 - 1626)

John Dowland est un compositeur et luthiste né en Angleterre ou en Irlande en 1563 et mort vers le 19 ou 20 février 1626 (il est enterré le 20 février 1626). Il a étudié le luth et la composition en France et en Italie. En 1598, il a été engagé comme luthiste à la cour du roi Christian IV de Danemark, où il est resté pendant près de dix ans. Il est ensuite retourné en Angleterre, où il a continué à composer et à jouer, et devient luthiste à la cour royale d'Angleterre, en 1612. Dowland est surtout connu pour ses chansons pour voix et luth, dont beaucoup expriment une profonde mélancolie.

paroles

Now, O now, I needs must part
Parting, though I absent mourn
Absence can no joy impart
Joy, once fled, cannot return
While I live, I needs must love
Love lives not when hope is gone
Now, at last, despair doth prove
Love divided loveth none
Sad despair doth drive me hence
This despair unkindness sends
If that parting be offence
It is she which then offends

Dear, when I am from thee gone
Gone are all my joys at once
I love thee, and thee alone
In whose love I joyed once
And although your sight I leave
Sight, wherein my joys do lie
Till that death do sense bereave
Never shall affection die
Sad despair doth drive me hence
This despair unkindness sends
If that parting be offence
It is she which then offends

Dear, if I do not return
Love and I shall die together
For my absence never mourn
Whom you might have joyed ever
Part we must, though now I die
Die I do, to part with you
Him despair doth cause to lie
Who both lived and dieth true
Sad despair doth drive me hence
This despair unkindness sends
If that parting be offence
It is she which then offends

Toutes les nuits tu m'es présente (Clement Janequin, 1485 - 1558)

Clément Janequin est considéré comme un des plus grands maîtres français de la première moitié du XVIe siècle ; sa production a dépassé 400 œuvres. Il est surtout connu pour ses chansons, au nombre de 250 environ...En dehors de ses chansons descriptives, son répertoire se partage entre les chansons rustiques, narratives, galantes, et les épigrammes érotiques ou satiriques.

paroles

Toutes les nuits tu m'es présente Par songe doux et gracieux
Mais tous les jours tu m'es absente
Qui m'es regretz fort ennuyeux


Puis donc que la nuit me vaut mieux
Et que je n'ai bien que par songe
Dormez de jour, Ô pauvres yeux!
Afin que sans cesse je songe

Thomas Tallis If ye love me (Thomas Tallis, c1505 - 1585)

On ne sait presque rien de la jeunesse du compositeur, mais son activité d’organiste à l’abbaye augustinienne de Waltham est attestée entre 1532 et 1540. Après un bref passage à la cathédrale de Canterbury, il devint « Gentleman of the Chapel Royal », fonction qu’il conserva pendant quarante ans. Avant la Réforme, il écrivit surtout des messes et motets latins destinés à la liturgie catholique. Par la suite, il composa pour le culte anglican tout en continuant à créer des motets latins.

paroles

If ye love me
Keep my commandments
And I will pray the Father
(And I will pray the Father)
And he shall give you another comforter

That he
(That he)
That he
May 'bide with you forever
E'en the sp'rit of
(E'en the sp'rit

Casta Paloma (chanson folklorique)

• Origine : région des Llanos du Venezuela (bassin de l’Orénoque).
• Période de création : probablement fin XIXᵉ siècle – première moitié du XXᵉ siècle ; attesté par écrit dès les années 1940.
• Auteur : traditionnel / anonyme (chanson folklorique).

paroles

1
Casta paloma,
de gentil plumaje
emblema tierno
de risueña faz

dime si piensas
emprender tu vuelo
o sihaciael puerto
de mi patria va

2
Se escucha a lo lejos
con gran alboroto
viéne la parranda
por el Orinoco

dime si piensas… (refrain)

3
Con maraca y cuatro
con luna y tambor
viene la parranda
frente al malecòn

dime si piensas… (refrain)

4
Por la mañanita
en playa de plata
le canta el moriche
a la curvinata

dime si piensas… (refrain)

Gaspard Fernandez Xicochi Conetzintle (Gaspard Fernandez, c1565 - 1629)

Gaspar Fernandes, parfois écrit Gaspar Fernández (vers 1565-1629) fut un compositeur portugais-mexicain de musique sacrée. Portugais de naissance, il émigra au Mexique. Il fut le musicien de chapelle de la cathédrale de l’Assomption d’Oaxaca et de la cathédrale de l’Immaculée-Conception de Puebla, ainsi que de la cathédrale Saint-Joseph d’Antigua Guatemala. (wikipédia)

paroles

Xicochi
Xicochi
Xicochi conetzintle
Cao mitz huihui xoco en angeles me
En angeles me
Alleluia, Alleluia

Pierre de Ronsard Mignonne, allons voir si la rose (Pierre de Ronsard, 1524 - 1585)

« Prince des poètes et poète des princes », Pierre de Ronsard est une figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance. Auteur d’une œuvre vaste qui, en plus de trente ans, s'est portée aussi bien sur la poésie engagée et officielle dans le contexte des guerres de Religion. (wikipédia)

paroles

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Hector Berlioz Adieu des bergers à la sainte famille (Hector Berlioz, 1803 - 1869)

"L'Enfance du Christ, op. 25 est une « trilogie sacrée pour solistes, chœur, orchestre et orgue » de Hector Berlioz créée le 10 Décembre 1854 à Paris. Voulant s'essayer au genre médiéval du théâtre religieux et redoutant un échec, il créa l'œuvre sous le nom de Pierre Ducré. Ce n'est qu'après que L'enfance du Christ a connu le succès que Berlioz dévoila qu'il en était l'auteur."(wikipédia)

paroles

Il s’en va loin de la terre
Où dans l’étable il vit le jour.
De son père et de sa mère
Qu’il reste le constant amour,
Qu’il grandisse, qu’il prospère
Et qu’il soit bon père à son tour.


Oncques si, chez l’idolâtre,
Il vient à sentir le malheur,
Fuyant la terre marâtre,
Chez nous qu’il revienne au bonheur.
Que la pauvreté du pâtre
Reste toujours chère à son cœur.


Cher enfant, Dieu te bénisse!
Dieu vous bénisse, heureux époux!
Que jamais de l’injustice
Vous ne puissiez sentir les coups.
Qu’un bon ange vous avertisse
Des dangers planant sur vous.

Ô NUIT (Tanguy Dionis du Séjour, 1981 -)

ADORATION EUCHARISTIQUE

paroles

Ô nuit, ô nuit si sombre et vide, nulle clarté, insondable nuit. Sans bruit, sans vie,
Ma chair est glacée. Rien que la foi, rien que l’espérance, rien que la douceur de
ton divin Nom. Abba, Abba, délivre-moi ! Mon âme torturée veut mourir.

Pourtant cachée, faible et fragile, bruisse dans l’ombre une grande espérance. La
vie est là, l’Esprit Saint souffle. C’est l’abandon à cet Esprit d’Amour, c’est par sa
grâce que la nuit devient jour. Abba, Abba, vois Ton enfant ! Petit si petit courir
vers Toi.

Ô nuit, ô nuit, plus calme et douce, brille en mon cœur une grâce divine. La foi en
Dieu est ma lumière. Le vrai bonheur c’est de servir l’Amour, l’Amour, l’Amour
seul peut me libérer. Abba, Abba, rends moi petit ! Afin de m’élever jusqu’à Toi.

Entends mes frères, errants dans la nuit, Répands sur eux l’Esprit d’humilité.
Deviens leur jour, qu’ils tombent à genoux. En ton Saint Nom est la vie éternelle.
Qu’au pied de la croix ils crient vers le Ciel : Abba, Abba, sauve-moi ! Dans tes bras
miséricordieux.

El Grillo (Josquin Des Prez, vers 1440 - 1521)

Pendant le xvie siècle, Josquin a graduellement acquis la réputation de plus grand compositeur de l'époque. La maîtrise de sa technique et de son expression étaient universellement admirées et imitées. Des auteurs aussi divers que Baldassare Castiglione ou Martin Luther ont écrit au sujet de sa réputation et de sa renommée. Des théoriciens comme Glaréan et Gioseffo Zarlino ont jugé son style comme le meilleur représentant de la perfection... (source : wikipédia)

paroles

El grillo è buon cantore
Che tiene longo verso
Dalle beve, grillo canta
Ma non fa come gli altri uccelli
Come li han cantato un poco
Van de fatto in altro loco
Sempre el grillo sta pur saldo
Quando la maggior el caldo
Alhor canta sol per amore

Passereau Il est bel et bon (Pierre Passereau, vers 1509 - 1547)

On ne sait presque rien de lui. D'après François-Joseph Fétis il aurait été prêtre à l'église Saint-Jacques-la-Boucherie à Paris, puis ténor dans la chapelle du duc d'Angoulême (le futur François Ier). Il occupera ensuite le même poste à la cathédrale de Cambrai, de 1525 à 1530, pour devenir, vers 1536, chantre à la cathédrale de Bourges.. (source : wikipédia)

paroles

Il est bel et bon, commère, mon mari.
Il estoit deux femmes toutes d'ung pays,
disanst l'une à l'aultre – “Avez bon mary.”

Il ne me courrousse, ne me bat aussy.
Il faict le mesnaige,
il donne aux poulailles,
et je prens mes plaisirs.

Commère, c'est pour rire
Quand les poulailles crient:
Petite coquette, Petite coquette,
Co co co co, co co co co dac,
Qu'esse-cy?

Il est bel et bon, commère, mon mari.

Scarborough Fair Scarborough Fair (chanson folklorique anglaise à l’époque médiévale, arr. Thomas Juneau)

Dans les paroles de Scarborough Fair, un jeune homme demande à l’auditeur d’être son messager auprès de son ancienne amoureuse et de lui demander de réaliser des tâches impossibles. Il ajoute que si elle peut les accomplir, il la reprendra. En réponse, la jeune femme exige que l’homme réalise lui aussi au préalable une série de tâches impossibles : elle accomplira ses tâches lorsqu’il accomplira les siennes. (source : klerviamusic)

J. S. Bach Bourrée, version Swingle Singers (Johann Sebastian Bach, 1685 - 1750)

de la Suite anglaise n° 2 en la mineur, BWV 807

Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, Les agréments de la même Sarabande, Bourrée I alternativement, Bourrée II, Gigue.

À l'évidence, « on ne découvre quasi aucun trait anglais dans les six suites. Bach s'y conforme à la tradition de la suite allemande qui, durant la seconde moitié du XVIIe siècle, avait importé de France quatre danses : l'allemande, la courante, la sarabande et la gigue ; intercalant entre la sarabande et la gigue des Galanterien facultatives (danses ou mouvements dansants différant du caractère des principales sections) et faisant précéder le tout d'une section d'introduction. » (source : wikipedia)

Hoy Comamos (Juan del Encina, 1468 - 1529)

Il appartient, avec Juan de Anchieta entre autres, à la première époque de ce que l'on appelle l'école polyphonique castillane, une des plus importantes d'Espagne, et qui représente le meilleur de la tradition polyphonique de ce pays; il est considéré comme un des pères du théâtre espagnol. Il atteint des sommets dans ses gloses et villancicos...Ce sont des chansons profanes, d'origine populaire. Elle était chanté par les villanos, habitants des villas, d'où le nom de villancico. Elle est composé d'un chœur et de quelques couplets. Elle était chanté dans les fêtes de villages ou de villas. Il fut très populaire en Espagne entre le 15ème et le 18ème siècle.

paroles

1. Hoy comamos y bebamos y cantemos y holguemos,
que mañana ayunaremos.
Por honra de Sant Antruejo, parémonos hoy bien anchos,
embutamos estos panchos, recalquemos el pellejo.

2. Que costumbres de conçejo, que todos hoy nos hartemos,
que mañana ayunaremos.
Honremos a tan buen santo porque en hambre nos acorra,
comamos a calca porra, que mañana hay gran quebranto.

3. Comamos, bebamos tanto, hasta que nos reventemos,
que mañana ayunaremos.
Bebe Bras, mas tu, Beneyto, beba Pidruelo y Llorente,
bebe tu primeramente, quitarnos has deste preito.

4. En beber bien me deleyto, daca daca, beberemos.

Chi la gagliarda Chi la gagliarda (Baldassare Donato, 1530 - 1603)

Sa contribution majeure à l'histoire de la musique est dans le développement d'une forme profane connue sous le nom de villanella, une forme plus légère que le madrigal et d'origine napolitaine. Certaines de ces pièces ont pu être destinées à la danse, et elles étaient évidemment populaires. Elles sont similaires à la chanson française, ont souvent une mélodie facilement mémorisable, contiennent des rythmes vigoureux, et évitent la complexité polyphonique et chromatique du madrigal du milieu du siècle.

paroles

1. Chi la Gagliarda, chi la Gagliarda, donne, vo' imparare,
chi la Gagliarda, chi la Gagliarda, donne, vo' imparare.
Venite, a noi che siamo mastri fini, mastri fini, mastri fini.
Che di sera, e di mattina mai manchiamo, mai manchiamo di sonare.

Tan tan tan tan tira tan tan tan tan rira tirarira,
Tan tan tan tan rira tirarira, tan tan tan tan rira tirarira.


2. Se la Gagliarda, se la Gagliarda, donne, vo' imparare,
se la Gagliarda, se la Gagliarda, donne, vo' imparare,
Sotto lo mastro el te besogna stare, stare el te, besogna stare.
Che di sera, e di mattina mai manchiamo, mai manchiamo di sonare.

Fanchon (Gabriel-Charles de Lattaignant)

Elle a été écrite par l'abbé Gabriel-Charles de Lattaignant en 1757, et il s'était largement inspiré des paroles d'origine. Le prolifique abbé est l'auteur de milliers de vers et on lui attribue les paroles de J'ai du bon tabac. Si Fanchon est populaire en cette année 1800, c’est que le théâtre du Vaudeville vient de faire jouer 400 fois de suite, un record pour l’époque, Fanchon la vielleuse, une pièce écrite par Jean-Nicolas Bouilly et Joseph-Marie Pain et mise en musique par Joseph-Denis Doche, chef d’orchestre du théâtre. Bouilly, surnommé par ses contemporains “Lacrymal”, racontait de manière romancée l’histoire d’une chanteuse des rues nommée Fanchon, célèbre dans la décennie 1760. La légende populaire voulait qu’elle ait fait fortune pour se retirer et pratiquer la charité. On comprend alors mieux pourquoi Lasalle entonna Fanchon un soir de victoire, la chanson était alors effectivement sur toutes les lèvres. D’ailleurs Lasalle était musicien puisqu’on retrouva dans ses cantines après sa mort, une flûte et deux flageolets. Fanchon est probablement une des plus appréciées du répertoire des soldats. Elle est une des rares chansons des soldats de l'ancienne monarchie à avoir survécu à la Révolution, pour rester populaire après la Grande Guerre et se maintenir dans les recueils, comme dans les enregistrements militaires au début du XXIe siècle.

paroles

1. Amis, il faut faire une pause,
J'aperçois l'ombre d'un bouchon,
Buvons à l'aimable Fanchon,
Chantons pour elle quelque chose.

Refrain
Ah ! Que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire.
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous,
Elle aime à rire, elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous,
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous,
Oui comme nous, oui comme nous !

2. Fanchon quoique bonne chrétienne,
Fut baptisée avec du vin,
Un bourguignon fut son parrain,
Une bretonne sa marraine.

3.Fanchon préfère la grillade
A d'autres mets plus délicats,
Son teint prend un nouvel éclat
Quand on lui verse une rasade.

4. Fanchon ne se montre cruelle
Que lorsqu'on lui parle d'amour,
Mais moi je ne lui fais la cour
Que pour m'enivrer avec elle.

5. Un jour le voisin La Grenade
Lui mit la main dans le corset,
Elle riposta d'un soufflet
Sur le museau du camarade.

Ce moys de may (Clément Janequin, 1485 - 1558)

Clément Janequin est considéré comme un des plus grands maîtres français de la première moitié du XVIe siècle ; sa production a dépassé 400 œuvres. Il est surtout connu pour ses chansons, au nombre de 250 environ...En dehors de ses chansons descriptives, son répertoire se partage entre les chansons rustiques, narratives, galantes, et les épigrammes érotiques ou satiriques.

paroles

Refrain
Ce moys de may, ce moys de may, Ce moys de may, ma verte cotte, Ce moys de may, ma verte cotte, Ce moys de may, je vestiray.
Couplet 1
De bon matin me léveray,
Ce joly, joly moys de may;
De bon matin me léveray:
Un sault, deux saults, troi saults, En rue je feray,
Pour voir si mon amy verray,
Couplet 2
Je luy diray qu'il me descotte;
Me descottant la (le) baiseray.
Refrain
Ce moys de may, ce moys de may, Ce moys de may, ma verte cotte, Ce moys de may, ma verte cotte, Ce moys de may, je vestiray.

Dindirín, dindirín (anonyme, environ 1500)

paroles

1. Je mé levé un bel matin. Matineta per la prata.
Encontré le ruiseñor. Que cantaba so la rama.
Dindirin dín.

2. Encontré le ruiseñor. Que cantaba so la rama.
“Ruiseñor, le ruiseñor. Fácteme aquesta embaxata.”
Dindirin dín.

3. “Ruiseñor, le ruiseñor. Fácteme aquesta embaxata.
Y dígalo a mon ami que je ya só maritata.”
Dindirin dín.


De bon matin, je me levai
Dans le pré ensoleillé me baladai.
J’ai rencontré le rossignol
qui chantait sur une branche.

Rossignol, oh beau rossignol
Rends-moi un fier service
Va dire à mon ami
que je suis mariée.

Roland de Lassus Quand mon mari vient de dehors (Roland de Lassus ou Orlando di Lasso, 1532 - 1594)

Roland de Lassus est l'un des compositeurs les plus prolifiques, polyvalents et universels de la Renaissance tardive. Il a écrit plus de 2 000 œuvres dans tous les genres en latin, français, italien et allemand. Il s'agit notamment de 530 motets, 175 madrigaux italiens et villanelle, 150 chansons françaises et 90 lieder allemands. On n'a pas de traces de musique strictement instrumentale : une absence intéressante pour un compositeur par ailleurs si ambitieux et prolifique, à une époque où la musique instrumentale était devenue partout en Europe, une forme importante d'expression...
(source : wikipédia)

paroles

Quand mon mary vient de dehors,
Ma rente est d’estre battue :
Il prend la cuillier du pot
À la teste il me la rue.

J’ay grand peur qu’il ne me tue.
C’est un faux vilain, jaloux
C’est un vilain, rioteux, grommeleux.
Je suis jeune et il est vieux.

Amor vittorioso (Giovanni Giacomo Gastoldi, 1553 - 1609)

Né en Lombardie, Gastoldi est venu à Mantoue avec son père Manfredo Gastoldi, où il a reçu sa formation musicale et étudié la théologie comme enfant de chœur à la Basilique de Santa Barbara. En 1572 Gastoldi devint sous-diacre, en 1574 diacre et un an plus tard il fut ordonné prêtre. Gastoldi a reçu des avantages, dont l'obligation de donner des cours de chant aux garçons de la chorale. En tant que membre du groupe, il participe à la composition du répertoire souhaité par le duc Guglielmo Gonzaga (qui est également compositeur). Une tentative du cardinal Karl Borromäus d'amener Gastoldi à Milan en 1582 a échoué. En plus de ses activités à S. Barbara, il composa de nombreuses œuvres laïques importantes pour les besoins de la cour du prince Vincenzo I. Gonzaga, qui régnait depuis 1588, à cette époque, d'importants compositeurs tels que Benedetto Pallavicino (vers 1551-1601) et le jeune Claudio Monteverdi étaient actifs dans cette cour.

paroles

1 Tutti venite armati
O forte miei soldati.
Fa la la
Io son l'invitt'Amore
Giusto saettatore.
Non temete punto,
Ma in bella schiera uniti,
Me seguitate arditi.
Fa la la

2 Sembrano forti heroi
Quei che son contra voi.
Fa la la
Ma da chi sa ferire,
Non si sapran schermire.
Non temete punto,
Ma coraggiosi e forti,
Siat' a la pugna accorti. Fa la la

3 Lieti hor movete il piede,
Che vostre sian le prede,
Fa la la
Hor via feriam lo sdegno
Ch'ei de la vita è indegno
Non temete punto
Eterna sia la gloria
E certa è la vittoria,
Fa la la

4 Già morto giace in terra
Chi ci avea mosso guerra,
Fa la la
Or gli altri suoi seguaci
Tutti assaliamo audaci
Non temete punto
Ecco ch'i non estinti
Fuggon già sparsi e vinti,
Fa la la

La mort du cerf - trompe et chant (Gustave Rochard, 1866-1924)

La mort du cerf La trompe de chasse est par excellence un instrument français. Elle est, dans son genre, aussi exotique pour des étrangers que peuvent l'être la cornemuse écossaise, la balalaïka russe ou le bandonéon du tango argentin. Instrument de plein air, la trompe de chasse est aussi un instrument de musique baroque qui atteint la forme que nous connaissons au début du 18ème siècle, sous le règne de Louis XV. Trop souvent réduite à son utilité sur le terrain et son usage dans le cérémonial de la vènerie, sa grande puissance d'émotion mérite une pleine reconnaissance musicale.

paroles

Sur le val empourpré d'or
La nuit descend, calme et sereine
Et l'on entend le son du cor
Pleurer ainsi qu'une âme en peine
Sur le val empourpré d'or,
C'est la nuit, tout s'apaise et s 'endort

Les chiens sont las de chasser
Le cerf est à bout de courage
Voici l'étoile du berger
L'étoile qui guida les mages
Les chiens sont las de chasser
Le cerf s'arrête pour souffler.

Sur la mare de velours
Loin de la meute dépistée
Le cerf s'arrête pour toujours
Séparé de sa biche aimée
Sur la mousse de velours
Le cerf meurt en bramant ses amours.

Tanzen und Springen (Hans Leo Haßler, 1564-1612)

Hassler fut un précurseur de l'art vocal allemand. Son héritage créatif fut très riche pour ses successeurs et ses contemporains. Ce musicien inaugura la "période italienne" de la chanson allemande. Il contribua certainement à l'évolution de son pays vers le chant solo accompagné (la monodie accompagnée), en pratiquant l'écriture homophone, notamment dans ses chansons à danser. D'une manière générale, il donna à son œuvre plus de place au style harmonique qu'à la polyphonie. Malgré tout, il contribua également au développement et au raffinement de ce nouveau style polyphonique en Allemagne et à l'émancipation de l'expression émotive du style vénitien à travers le nouveau style germanique. Son style propre s'exprime d'une manière particulièrement prononcée dans ses chansons à danser.

paroles

1. Tanzen und springen,
Singen und klingen,
Lauten und Geigen
Soll’n auch nicht schweigen,
Zu musizieren
Und jubilieren steht mir all mein Sinn.

2. Schöne Jungfrauen
In grüner Auen,
Mit ihn’n spazieren
Und konversieren,
Freundlich zu scherzen,
Freut mich im Herzen vor Silber und Gold.

Tant que vivrait (Claudin de Sermisy, 1495-1562)

Claudin de Sermisy est un compositeur français né autour de 1495, probablement à Sermaize dans l'Oise, d'où son nom, et mort le 13 octobre 1562 à Paris. Il sert comme clerc, chantre puis maître de chapelle sous Louis XII (1462-1515), François Ier (1494-1547), Henri II et François II, il a publié trois livres de motets, onze messes et une passion, mais il est surtout connu pour les quelque 160 chansons polyphoniques que l'on retrouve dans de nombreuses anthologies.

paroles

1. Tant que vivray en age florissant
Je serviray amour le dieu puissant
en faictz en dictz en chansons et accords
Par plusieurs jours m’a tenue languissant
Mais après dueil m’a faict rejouyssant
Car j’ay l’amour de la belle au gent corps

Son alliance c’est ma fiance
son coeur est mien le mien est sien
Fy de tristesse vive liesse
puis-qu’en amour puis-qu’en amour
tant de bien.

2. Quand je la veulx servir et honorer
quand par escriptz veulx son nom decorer
Quand je la veoy et visite souvent.
Les envieux n’en font que murmurer
mais nostre amour n’en sçaurait moins durer
Autant ou plus en emporte le vent.

Maulgré en vie toute ma vie
je l’aimeray et chanteray.
C’est la première c’est la derniere
que j’ay servie que j’ay servie
et serviray

L'amour de moy (anonyme)

Tout au long du Moyen-Age et de l'époque médiévale, l'Amour est resté un des thèmes favoris des troubadours, jongleurs, poètes, écrivains et musiciens... Cette chanson est un poème du XIVe siècle dont l'auteur est hélas resté anonyme.

paroles

1. L’amour de moy si est enclose
dedans un jolie jardinet
où croît la rose et le muguet
et aussi fait la passerose.

Ce jardin est bel et plaisant
Il est garni de toutes flours,
on y prend son ébattement
autant le nuit comme le jour.

2. Hélas il n’est si douce chose
Que de ce doux rossignolet
Qui chante au soir, au matinet
Qands il est las ils se repose.

Je la vis l’autre jour cueillir
La violette en un vert pré
La plus belle qu’oncques je vis
Et la plus plaisante à mon gré.

3. Je la regardai une pose
Elle était blanche comme lait
Et douce comme un agnelet
Vermeillette comme une rose.

Pavane (Thoinot Arbeau, 1520-1595)

Belle qui tiens ma vie est une pavane pour 4 voix (accompagnée d'un tambourin) composée par Thoinot Arbeau (1520-1595), chanoine de Langres, dans son traité de danse l'Orchésographie paru en 1589. Le texte célèbre l'amour courtois entre un homme et sa bien-aimée. Il s'agit d'une pièce que l'on retrouve régulièrement au répertoire d'interprètes contemporains de musique ancienne. Dans le traité de danse d'Arbeau, Belle qui tiens ma vie est donnée comme exemple de pavane, une danse de cour lente, près du sol et exécutée par des couples disposés en cortège. Toutefois contrairement à l'usage, cette pavane n'est pas suivie d'une gaillarde.

paroles

l. Belle, qui tiens ma vie
captive dans tes yeux,
qui m'as l'àme ravie
d'un souriz gracieux,
viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.

2. Pour quoi fuis tu, mignarde,
si je suis près de toy,
quand tes yeux je regarde
je me perds dedans moy
car tes perfections
changent mes actions.

3. Tes beautés et ta grace
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os
Et ont remplit mon coeur
d’une amoureuse ardeur.

4. Approche donc ma belle
Approche, toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon coeur est tien.
Pour mon mal apaiser,
donne moi un baiser

Villanella (Giovanni Leonardo Dell'Arpa, 1530-1602)

Villanella ch'all'acqua vai est une "villanella napolitaine" du XVIe siècle, d'une élégance et d'un raffinement extraordinaires. Une vraie perle. Cinq cents ans plus tard, il est encore très agréable à l'oreille de l'auditeur moderne, à tel point qu'il est encore interprété par des artistes aux goûts raffinés. C'est une composition très courte, avec quelques versets, mais d'une beauté extraordinaire. L'image évoquée est celle d'un environnement rural, avec un homme qui voit de loin la femme dont il est secrètement amoureux. Cachée (peut-être derrière un arbre), il la regarde en allant au puits chercher de l'eau. L'homme n'a pas le courage de se déclarer.

paroles

1. Villanella ch’all acqua vai,
moro per te tu non lo sai
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.

2. Quando vai con la l’ancella
Pari regina e non villanella
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.

3. Cosi pari tra l’altre belle
come la luna mezzo le stelle.
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.

4. Non importa l’essere nato
Mezz’ a no bosco et aggraziato
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.
Ahime, ahime ch'io moro mirand’a te.

Weep o mine eyes (John Bennet, 1575-1614)

"Weep O Mine Eyes" a été publié pour la première fois par le compositeur John Bennet (v. 1575-c. 1610) dans sa première collection de madrigaux en 1599. C'était l'un de ses plus beaux madrigaux populaires, ainsi que l'une des chansons les plus célèbres au niveau international de l'époque. Il est apparemment basé sur "Flow, my Teares" de John Dowland. Comme chez Dowland les paroles expriment une intense mélancolie de quelqu'un dont le bonheur a été brusquement brisé et qui désire ne pas être sauvé de ce sombre désespoir. L'orateur souhaite sa mort en se noyant dans son désespoir, dans ses larmes. L'expression de la mélancolie et les notions d'obscurité, la négligence, la cruauté du temps, étaient des thèmes utilisés par les auteurs-compositeurs élisabéthains pour préfigurer le caractère inéluctable de la mort, et restaientt une caractéristique importante de la littérature et de la musique anglaises à l'époque d'Elizabeth I et de Shakespeare.

paroles

Weep o mine eyes, weep o mine eyes,
and cease not.
Allas, it's your springtide
allas, it's your springtide
me thinks increase not

Oh when, oh when begin you
to swell so high that I may drown me in you,
that I may drown me in you.